Préparation
Trace & transports
La trace que nous avons décidé de faire relie le Bourg-d’Oisans au Mônetier-les-Bains via un mélange des GR54 et GR50 (Tour des Écrins et Tour de l’Oisans), un parcours que j’ai déjà parcouru il y a une dizaine d’années avec des potes. Elle fait environ 70 km pour 3900 mètres de dénivelé, et nous avons prévu 5 jours pour la faire.
Lien vers la trace au format GPX.
Nous sommes allés à Bourg-d’Oisans en voiture et sommes revenus de Mônetier-les-Bains avec le bus ZOU 55 qui assure la liaison Briançon <> Grenoble, au rythme de 2 à 3 bus par jour, pratique bien qu’un poil cher (12,30 euros par personne). La réservation est recommandée mais pas nécessaire, et le trajet du retour dure environ 1h30.
Eau, bouffe & matériel
En trek et itinérance, l’eau est souvent le principal souci (du moins, de mes expériences passées). Heureusement, il est assez facile de trouver de l’eau dans cette partie des Écrins, car nous sommes tout le temps entre la Romanche, la Guisane et leurs affluents. Des jours caniculaires étant annoncés, nous sommes malgré tout partis avec 4,5L chacun, mais nous aurions pu en que 3 sans manquer d’eau.
Niveau bouffe, nous sommes parti en mode grand luxe avec des lyophilisés pour le soir, ce qui change grandement la donne (pas beaucoup d’eau, pas de vaisselle à faire, léger…). Ca reste super cher, et je suis persuadé qu’il est possible d’en faire soi-même chez soi pour une fraction du coût, il faut que j’explore cette piste à l’avenir. Pour le midi et la journée, le classique fromage/pain/graines/barres a très bien fait l’affaire, avec quelques courses ponctuelles dans les villages que nous avons croisé pour acheter des fruits frais, des chips etc.
Personnellement, je serai plutôt parti en tarp (mon abri par défaut de mai à octobre, si les prévisions météo le permettent), mais ma compagne n’était pas particulièrement emballée par l’idée. Nous avons donc emprunté une tente Simond 2 places à un ami qui a plutôt bien fait le taf malgré quelques points qui m’ont un peu dérangé dans le design de la tente, peut-être que j’en parlerai dans un billet dédié au matos.
Journal
Jour 1: Bourg-d’Oisans > Le Sapey
06/07/2026 · 14,5 km / 900 d+ · 3h53
Nous partons de Bourg-d’Oisans aux alentours de midi, pour une demie-journée de mise en bouche. Les 10 premiers kilomètres s’avalent bien car ils sont relativement plats, même si il y a beaucoup de sections goudronnées. Nous prenons malgré tout le temps de manger au bord de l’étang de Buclet, qui est très sympa. Nous y voyons même des écrevisses, une première pour moi (vivantes en tout cas).
Au fur et à mesure de la journée la température monte: nous sommes toujours dans la vague de chaleur de juillet avec des températures montant au dessus des 30 degrés, y compris dans les Alpes. Nous arrivons au pied de la seule difficulté du jour (une petite bosse de 3,5 km / 700 d+) sur les coups de 14h30, et dès les premiers hectomètres de montée, je me fait littéralement TABASSER par la température, et la montée sera un calvaire. Nous mettrons 1h45 pour arriver au Sapey !
Notre montée se termine au Sapey où nous avons prévu de passer la nuit. Surprise, il y a même une fontaine qui coule ! Après une brève exploration des lieux, nous trouvons un petit balcon herbeux avec une vue 5 étoiles sur la Pointe de Malhaubert et le Rochail.
Histoire de récupérer de cette journée qui personnellement m’aura bien achevé, nous mangeons un aligot, rien que ca ! La nuit finit par tomber et la température avec.
Jour 2: Le Sapey > Plateau d’Emparis
07/07/2026 · 20 km / 1500 d+ · 5h18
Une nuit mitigée avec beaucoup de réveils, comme souvent en rando. Nous prenons le temps de petit-déjeuner tranquillement, et partons un peu avant 10h: la journée s’annonce longue et chaude, mais le soleil se couche encore tard, nous ne sommes pas pressés.
Les 10 premiers kilomètres sont principalement descendants, avec environ 750 de d-. Nous passons à coté de la cabane des Abiorots, sa fontaine coule abondamment et nous en profitons pour nous mouiller car la chaleur risque de ne pas nous épargner. Nous arrivons vers midi au Chambon, traversons le lac et mangeons à Mizoëns, à l’ombre d’une maison. Personnellement, je suis complètement assomé et j’ai du mal à imaginer comment je vais pouvoir grimper les 1200m de d+ qui nous attendent jusqu’au plateau d’Emparis, en plein cagnard, en plein après-midi. Je décide de tester ma dernière aquisition (qui va me sauver la rando): un sun hoodie acheté à D4, rayon pêche ! D’une efficacité redoutable, la chaleur est redevenue complètement supportable surtout quand il est mouillé.
Les 4 premiers kilomètres, entre Mizoëns et le refuge des Clots, sont assez simples. En revanche, une fois au refuge, la pente se raidit fortement jusqu’au plateau, avec une pente moyenne entre 25 et 30% sur les 3 derniers kilomètres ! En revanche, la vue en vaut la chandelle: nous montons au bord de la Fontaine Pétrifiante, une énorme source puis cascade, qui déverse toutes les eaux accumulées sur le plateau. Je n’ai malheureusement pas de photo de la cascade… Nous mettrons une petite heure et demie pour gravir cette section.
Une fois sur le plateau, trouver un spot de bivouac est plus que facile ! Nous arrivons à poser la tente face à la Meije et au Rateau, et concluons une longue journée par un lyo purée / jambon et du crumble.
Jour 3: Plateau d’Emparis > Villar-d’Arêne
08/07/2026 · 18,5 km / 750 d+ · 4h30
Nuit moyenne, comme la précédente, avec un peu de vent. La journée ne s’annonce pas particulièrement intéressante: la première partie qui consiste à traverser le plateau d’Emparis jusqu’au col du Souchet (excellent spot de bivouac d’ailleurs !) est très belle, mais s’en suit une longue descente vers la Grave, avec beaucoup de monde et sur des chemins parfois peu praticables.
Nous faisons une pause dej’ à la Grave, puis attaquons une montée de 200 de d+ pour accéder au spot de bivouac initialement prévu. Malheureusement, même si le lieu semblait plat sur la carto, il y a en réalité une légère pente un peu de partout: impossible de trouver un endroit convenable pour poser la tente. Nous entâmons alors la descente vers Villar-d’Arêne dans l’espoir de trouver un spot sympa et surtout plat, ce qui rallonge notre étape de quelques kilomètres (point positif, demain sera plus court !). Nous finissons par trouver un endroit au bord de la Romanche, un peu près du passage mais plat et très joli.
Jour 4: Villar-d’Arêne > Col d’Arsine
09/07/2026 · 11 km / 720 d+ · 2h43
Nuit humide à cause de la proximité avec la Romanche, la tente et les duvets sont humides, mais heureusement le temps est au beau fixe et il sera facile de tout faire sécher.
Aujourd’hui, c’est journée tranquille. Nous prenons notre temps dans la montée vers le col, d’autant plus que le cadre est absolument magnifique ! Des grands alpages de carte postale…
… mais pas que !
Nous arrivons vers 14h30 en contre-bas du col où nous décidons de passer la nuit, nous avons alors toute l’aprèm pour faire la sieste, écrire, dessiner.
Jour 5: Col d’Arsine > Le Monêtier-les-Bains
10/07/2026 · 9 km / 5 d+ · 2h14
Et non, pas d’erreur sur le dénivelé ! Journée facile pour conclure un chouette petit périple. La journée consiste en une longue descente vers le Mônetier-les-Bains.
Et finalement, nous concluons de la meilleure des manières :)
Une heure à peine après nous être atablés, un déluge se déclenche, avec la totale: pluie battante, éclairs et tonnerre… Le timing fût parfait !